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Derrière chaque carrière se cachent bien souvent les artistes de l'ombre". Cyril Prieur et son associé Richard Walter managent Patricia Kaas.

 

Quel rôle jouez vous dans la carrière de Patricia Kass ?

Avec Richard Walter, nous manageons sa carrière tant au niveau discographique que des tournées, spectacles, en France et à l'étranger. Nous avons créé avec Patricia une société, Tour de charme, dont elle est actionnaire majoritaire. Cette structure produit ses tournées et ses spectacles. En définitive, elle est sa propre productrice, elle décide de quoi sera constitue un spectacle, dans quels pays elle voudra le présenter, où elle désire investir.

Lors de sa première tournée mondiale, la preniez vous en charge via votre structure Talent Sorcier ?

Talent Sorcier n'a jamais été tourneur mais seulement manager. Au tout début, Gérard Drouot Production était le producteur de la tournée, ils ont produit quelques dates. Très rapidement, nous avons souhaité être indépendants et nous avons créé notre propre société qui s'appelait alors Notes de blues. C'était à l'époque de la première tournée internationale, en 1990.

Cétait courageux d'organiser une tournée internationale pour une artiste française...

Patricia est à moitié allemande, elle a toujours eu un pied en Allemagne et en France. Elle était prête à donner d'elle-même, à se déplacer dans de nouveaux pays. Nous-mêmes venions de Strasbourg, nous avions l'habitude de travailler avec les Allemands. En fait, c'était tout naturel. Nous avions davantage une attitude européenne que parisienne. On s'est aperçu que ça marchait bien, on a donc continué dans cette voie ; il y avait une place à prendre. Et ça s'est révélé très intéressant.

Lors de cette première tournée, vous avez traversé treize pays. Par quels réseaux passiez-vous ?

Ca dépend des pays. Généralement, nous prenions contact avec des tourneurs professionnels dans chaque pays. En Russie, la première fois, par exemple, nous avons traité avec la société d'Etat russe qui s'occupait des spectacles. Au Japon, ça a été avec un gros tourneur, pareil en Allemagne. En Afrique du Nord, lors de la première tournée qui est passée par la Tunisie et le Maroc, nous avions contacté les ambassades françaises et les services culturels.

Ce travail de scène à l'étranyer a-t-il eu une répercussion sur les ventes de disques ?

Oui, énormément en Allemagne. ça a décollé grâce aux concert et aux télés qu'elle a donnés là-bas. Elle s'est réellement imposée comme une artiste avec des fans, etc.

Sony Music souhaitait-elle dans sa politique développer une carrière internationnate ?

Dès la signature du contrat, Sony Music a senti le potentiel pour Patricia d'une carrière internationale. Ils ont vraiment investi. Ils continuent aujourd'hui avec l'album en anglais. La moitié des ventes de Patricia Kaas se fait à l'étranger. En Allemagne, elle a vendu plus d'un million d'exemplaires sur l'ensemble de son catalogue. A chaque nouvel album studio, elle vend en moyenne entre 300 et 400 000 exemplaires. En Corée, chacun atteint les 120000 exemplaires. Dans ma chair a vendu 50 000 copies en Finlande, et au Canada en moyenne 100 000. Mais comme ils ne sont pas représentés en Russie, malgré toute leur bonne volonté, ils n'ont rien pu faire dans ce pays. C'est à cause de la situation économique de celui-ci.

Avec l'album en anglais visez vous le continent nord américain ?

C'est très dur. On a déjà, dans le passé, beaucoup travaillé, Patricia a donné énormément d'interview, a fait des concerts, des tournées, de la promo en français. Elle a eu beaucoup de presse, mais en définitive, ça a été beaucoup d'énergie et de temps passé pour vendre 180 000 exemplaires sur tout son catalogue: je te dis vous a vendu 50 000 exemplaires, Reste sur moi a même été classé dans les charts de dance. C'est pas mal mais c'est très peu par rapport au marché et au travail fourni. Pour passer à la vitesse supérieure, il faut contourner l'obstacle de la langue. Même si Patricia représente la France, la beauté, la mode, Piaf etc., le gars du middle West ne comprend pas ses textes. L'album en anglais comprendra de nouvelles chansons. Il faut concevoir cela comme une seconde carrière.

S'imposer aux Etats Unis, c'est un rêve ou un nouveau marché ?

Tout artiste a ce rêve américain car c'est le plus grand marché du monde, même si c'est le plus dur. Et puis, nous avons rencontré chez Sony Music USA, des gens motivés nous présentant une stratégie claire.

Vous avez sélectionné les chansons du dernier album parmi un choix de deux cent titres français et anglophones. Quelles relations entrenenez vous avec les éditeurs anglo-saxons?

On commence à établir de bonnes relations avec des éditeurs étrangers qui nous envoient régulièrement des chansons. Certains développent des auteurs et nous proposent spontanément des chansons. L'image de Kaas est internationale et il n'y a pas tant d'interprètes européens. Les éditeurs sont toujours à l'affût de chanteurs qui génèrent du chiffre.

Céline Dion est la chanteuse francophone dont les ventes sont les plus importantes. Elle partage la même maison de disques que Patricla Kaas. Sont-elles concurrentes ?

Ce qui est étonnant, c'est que la carrière de Patricia a explosé beaucoup plus tot, et Céline a démarré plus tard mais beaucoup plus rapidement. A part des comparaisons que veulent bien leur préter les médias - mais ce n'est pas nouveau, ça existait déjà du temps des Beatles et des Rolling Stones, il n'y a pas de concurrence. Chaque artiste est unique.

Propos recueillis le 16 septembre 1997.